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Transition énergétique : les emplois de demain ?

Le 29 Mar 2017 à 16h40

La transition énergétique va transformer de nombreux métiers et en créer de nouveaux. C’est une formidable opportunité pour l’emploi. La transition va avoir besoin de bras et de cerveaux.

Les impacts de la transition énergétique

Les changements sur le chemin de la transition vont avoir un impact sur l’ensemble de nos activités, sans exception. Trois secteurs seront en première ligne : le bâtiment, la production d’énergie et leur pilotage intelligent. Le bâtiment devrait fournir, selon l’Organisation internationale du travail, les trois quarts des emplois de cette transition dans la construction et la rénovation. Le secteur consomme 45 % de l’énergie en France et représente donc le gisement essentiel de l’efficacité énergétique. La rénovation thermique favorisera tous les métiers liés à l’isolation et à l’installation de systèmes renouvelables pour la production et l’autoconsommation d’énergie avec principalement le solaire et le photovoltaïque sans oublier, quand cela est possible, la biomasse, le petit éolien et la géothermie.

Pour Rodolphe Deborre, du groupe de BTP engagé dans le durable, Rabot-Dutilleul, « la transition énergétique va faire voler en éclat le business du BTP. Les acteurs devront s’engager sur la durée avec des garanties de performance réelle. En plus de la conception et de la construction, un nouveau métier va apparaître pour le suivi et la maintenance ». 

Le neuf ne représentant au rythme annuel qu’un petit pourcentage du parc immobilier en France, c’est évidemment la rénovation qui va créer le plus d’activité et d’emplois. Une étude menée notamment par la CFDT et le Réseau Action Climat estime que 225 000 emplois pérennes pourraient être créés en France en 10 ans pour une rénovation de qualité de 600 000 logements par an. Cette perspective est fortement soumise à la volonté politique. Rentable à moyen terme, la rénovation exige d’importants investissements que les propriétaires ne peuvent pas toujours assumer seuls. C’est aux gouvernants de fixer le rythme à coups de prêts à taux zéro, de crédits d’impôts ou de baisse de la TVA. Actuellement, l’objectif fixé est de 500 000 logements rénovés par an à partir de 2017, objectif atteignable selon le ministère de l’Environnement, mais à condition, précisent de nombreux experts, de s’en donner vraiment les moyens.  

Energie et numérique pour de nouveaux métiers

Comme pour le bâtiment, le rythme de progression des énergies renouvelables est lui aussi soumis aux décisions politiques mais les objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte assurent un fort développement du secteur dans son ensemble. L’éolien (terrestre et offshore) devrait créer le plus d’emplois devant le solaire et la biomasse. Dans tous les cas, les métiers se répartissent en deux catégories : installation et maintenance. Le Syndicat des énergies renouvelables estime à plus de 100 000 le nombre d’emplois potentiels à l’horizon 2020. Un peu en amont, de nouveaux métiers apparaissent aussi dans la prévision très fine de la météo, essentielle pour gérer l’intermittence. Anticiper la production d’une éolienne est essentiel pour les gestionnaires de réseau.

Dans l’ensemble des secteurs de l’énergie, la grande révolution dans les métiers sera, comme ailleurs, la numérisation : « La maquette numérique arrive très vite », se réjouit Rodolphe Deborre. « Elle va nous permettre de tirer le meilleur de l’ensemble des projets ».

Direct Énergie compte principalement sur le digital pour réussir le défi de la flexibilité : « Nous devons faire mieux avec moins », résume Louis Duperry, directeur de l’Innovation du groupe. « Les compteurs intelligents vont aider à une meilleure efficacité énergétique. Nous devrons accompagner nos clients dans une nouvelle relation à l’énergie, adapter la consommation à la production, mesurer au plus juste, vérifier, analyser, prévoir les besoins pour acheter au bon moment et au meilleur prix. Nous utiliserons bientôt de nouveaux objets connectés pour faciliter le pilotage, y compris à distance. Voilà où sont les nouveaux métiers ! ».

Il faut également signaler que le spectre de ces métiers de la transition est encore plus large. « Notre approche innovation est pluridisciplinaire » précise Louis Duperry. « Nous n’avons pas seulement besoin d’ingénieurs spécialisés dans l’énergie ou le digital. Nous nous appuyons par exemple sur des spécialistes de la réglementation ou du marketing ».

Reste à savoir comment s’effectuera cette transition des métiers : « Nous ne savons pas encore si les pros du BTP vont faire de l’informatique ou si ce sont les informaticiens qui feront du BTP », s’amuse Rodolphe Deborre.

Le plus important est sans doute qu’au bout de ces métiers, il y a assurément de l’emploi !