Cahier spécial, Spécial Numérique, Automne 2016
Axel Kahn, médecin, généticien, essayiste

A quoi l'économie participative participe-t-elle ?

Axel Kahn

Avec le développement vertigineux des nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’intelligence humaine fait face à une transition majeure. Si les prévisions, comme les prédictions, sont vaines, ne pas s’y préparer serait la pire des attitudes.

La marque la plus déterminante de ce début de XXIe siècle est sans conteste le bouleversement des activités humaines par les retombées des nouvelles technologies de la communication et de l’information ; nous sommes entrés de plain-pied dans l’ère du numérique, tout le monde le ressasse à l’envi et c’est vrai. J’ai longuement évoqué déjà dans mon dernier livre « Être humain, pleinement »[1] la concurrence de plus en plus évidente entre la subtilité de l’esprit humain et l’impressionnant pouvoir du quantitatif sans limite qu’illustrent les « Big Data ». L’intelligence artificielle alimentée par ces données innombrables et dotée de systèmes interactifs et évolutifs en réseau l’emporte déjà en maints domaines sur les ressources de l’intelligence humaine et, contrairement à cette dernière, est appelée à croître sans cesse en fonction d’un processus de plus en plus autonome, c’est-à-dire autoalimenté. D’ores-et-déjà, la notion de vie privée appartient au passé et tous les ressorts d’un nouveau type de totalitarisme bien plus puissant que celui imaginé en son temps par George Orwell sont en place.

Quelle place pour la pensée humaine ?

Personne ne doute de ce que les outils informatiques jouent dans l’évolution humaine le même rôle qu’en leur temps l’écriture, voire l’acquisition du langage. Longtemps, cela a constitué une aide inestimable à la pensée, libérée d’avoir à retenir des masses de données maintenant accessibles d’un clic, d’aller les consulter à travers la ville ou le monde, dans les grandes bibliothèques, les musées, etc. Le penseur, le scientifique, l’écrivain n’ont-ils pas toutes les raisons de se féliciter d’avoir accès à la plupart de ces informations depuis leurs ordinateurs et autres appareils mobiles ? Cependant, les progrès de cette société du numérique sont si rapides, la croissance exponentielle de la performance de ses machines est si vertigineuse, que la question a émergé : la pensée humaine y gardera-t-elle une place ? Cette question est d’abord apparue singulière, décalée par rapport à l’évidence que ce qui se créait était fruit de l’intelligence humaine et devait contribuer à la nourrir. Pourtant, il n’est maintenant plus possible de s’en tenir à ces considérations rassurantes, la combinaison de la quantité illimitée de données qu’il est possible de stocker, l’utilisation d’algorithmes de plus en plus performants et les développements de l’intelligence artificielle peuvent en effet, et à raison, intimider même les intellectuels les plus confiants en leurs capacités. Le plus vexant pour l’esprit humain est la puissance du nombre en lui-même, la prise de pouvoir du quantitatif sur le qualificatif. Jusqu’il y a peu, la supériorité en tout de la créativité intellectuelle du cerveau humain sur la force brutale de calcul d’un appareil ne faisait de doute pour personne dès qu’il s’agissait d’opérations requérant quelque subtilité. Tel n’est plus le cas, le « Big Data » est en passe de l’emporter dans un nombre croissant de domaines sur la plus souple et brillante des réflexions stratégiques. Et trouver l’aiguille dans une meule de foin a cessé de poser le moindre problème puisque nous possédons la technique nécessaire pour l’explorer à toute vitesse, brin par brin.

Tout savoir de l’autre

Au moins, pensera-t-on, les mystères de l’âme humaine échapperont-ils toujours à la force brutale du nombre. Fatale illusion, hélas, la stratégie totalitaire des groupes majeurs qui offrent des services informatiques en témoigne. Sans recourir à des moyens illégaux, à l’espionnage individuel généralisé envisagé par Orwell dans son 1984, bien plus efficacement en fait que « Big Brother » imaginé par l’auteur, les maîtres modernes du Big Data, des réseaux sociaux et de l’informatique en ligne savent ce que sont les gens, ce que veut individuellement chaque consommateur, ses opinions et préférences sexuelles, ses loisirs et hobbies, habitudes et fantasmes, son état de santé, tout, en somme, au-delà même de ce qu’il sait sur lui-même. Cette espèce de sport numérique d’un nouveau genre porte un nom, l’analyse prospective. Or, bien entendu, quiconque sait tout d’un autre, peut prévoir ses actions et réactions, les orienter et manipuler, a pris le pouvoir sur lui.

La Toile informe autant qu’elle désinforme

D’un autre côté, le partage des informations et l’extension des possibilités de communication entre des personnes dispersées sur toute la surface du globe que permet Internet constitue, bien entendu, un formidable outil de culture et d’éducation et, le cas échéant, de mobilisation, aussi bien pour les causes les plus nobles que les plus menaçantes pour la liberté et la dignité des personnes : la Toile est neutre, elle informe et libère autant qu’elle désinforme et ligote. La même ambivalence vaut pour des plates-formes aux limites d’emblée infinies. Le partage de pair à pair de contenus divers a été dès les débuts d’Internet à l’origine du rêve d’une société post-capitaliste organisée autour des valeurs de la liberté et de la gratuité, utopie puissante mais bien singulière et qui a abouti à ce que ce secteur, à rebours des illusions naïves de certains pionniers, fasse exploser tous les compteurs de la capitalisation boursière.

La remise en cause la division spécialisée du travail

L’économie participative théorisée aux États-Unis au début des années 1980, est sans conteste le dernier avatar de l’entrée dans l’ère du numérique, ses manifestations sont au cœur de l’actualité. La société Uber défraie la chronique dans le monde entier du fait de la concurrence frontale qu’elle instaure avec les chauffeurs de taxis. La célébrité d’Uber et la publicité faite aux conflits dans lesquels elle a été et reste impliquée en a fait un symbole de sorte que l’on évoque aujourd’hui une société « ubérisée », fondée sur la généralisation des principes de l’économie participative : la liberté laissée à l’initiative individuelle grâce à une déréglementation maximale, la mise en rapport direct des clients, utilisateurs, particuliers et intervenants occasionnels – en fait les mêmes selon les circonstances et les besoins – en court-circuitant les intermédiaires et en rejetant toute notion de domaine réservé. Selon cet idéal, à terme, toute demande singulière peut être satisfaite de gré à gré par quiconque en revendique la capacité, la séparation entre consommateurs et hommes de métier s’estompe puisque chacun des premiers peut détenir une parcelle de savoir-faire susceptible de répondre à l’attente de semblables qui leur rendront la pareille dans un autre domaine. Une application locale d’une telle vision à l’administration de la cité tendrait à rejeter toute règlementation centrale et à se passer des corps de fonctionnaires d’Etat experts en matière de sécurité, de justice, d’enseignement et de fiscalité, selon l’idéal de l’anarcho-capitalisme, forme intégriste d’un libéralisme contestant la notion même d’État particulièrement implantée aux États-Unis. C’est bien entendu, là aussi, la contestation radicale de toute politique sociale à l’échelle d’une nation et la promotion exclusive de la responsabilité individuelle, à la rigueur d’une certaine dose de solidarité communautaire.

Les avantages attachés à cette économie et vantés jusqu’à les assimiler parfois à un progrès décisif vers un nouvel âge d’or procèdent sans surprise des valeurs du libéralisme philosophique lui-même : l’équité, la responsabilité, l’autonomie, la souplesse de réaction et d’adaptation, la remise en cause des positions établies, vieilles forteresses corporatistes à prendre d’assaut, la baisse des coûts au profit des consommateurs. La lucidité conduit cependant à objecter que les règles habituelles du capitalisme moderne s’appliquent en réalité bien vite à ce domaine et en dissipent alors certaines illusions. Les plates-formes et les bases de données sur lesquelles reposent toutes ces activités ne restent pas très longtemps librement partagées, elles deviennent des biens privés dont la valeur boursière flambe, comme cela a été le cas des Big Data, des réseaux sociaux et de leurs logiciels d’utilisation depuis quelques années déjà.

En outre, et là réside sans doute pour moi ce en quoi « l’ubérisation de la société » pourrait en ébranler radicalement certains des piliers, elle tend vers une remise en cause radicale de la division spécialisée du travail issue du néolithique, une contestation, je l’ai dit, du savoir expert et de la notion de compétence.

Une transition majeure de la dynamique de l’évolution humaine.

Les sceptiques rétorqueront que la crainte d’une telle évolution est illusoire, contredite par la poursuite de la spécialisation de plus en plus poussée qu’exigent les développements scientifiques et techniques, en médecine comme en tout domaine. Cependant, la réponse à cette exigence de savoir-faire expert fait de plus en plus appel, elle aussi, aux robots et à l’intelligence artificielle, produits de la révolution numérique. De la sorte, qui a accès à de tels outils a besoin d’un minimum de formation et de savoir-faire pour faire face à des demandes sinon hors de son champ de compétence, l’une des manifestations de l’économie participative.

Détailler les conséquences ultimes possibles de ce courant que rien n’arrêtera serait un exercice de science et de société-fiction un peu vain, je ne m’y engagerai pas. Il me suffira en guise de conclusion d’observer combien nous vivons en ce moment une transition majeure de la dynamique de l’évolution humaine. Il y a deux millions d’années que les humains ont commencé à démultiplier le pouvoir de leur corps grâce aux outils. Puis, des bouliers jusqu’aux robots dotés d’une mémoire presque infinie et d’une intelligence artificielle en évolution constante, ils ont utilisé l’outil pour accroître dans des proportions formidables les performances de leur esprit. Une telle puissance maintenant extérieure au cerveau humain aboutira avec certitude à un profond bouleversement des relations sociales, du type de travail assuré par nos semblables et de l’espace qui lui sera dévolu. Autant le savoir et s’y préparer.

Les livreurs à domicile de plats cuisinés au restaurant sont des auto-entrepreneurs. (© Serge ATTAL/CIT'images)
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L'analyse de Laure de La Raudière Députée d'Eure-et-Loir Laure de La Raudière, députée d'Eure-et-Loir

L’émergence rapide de la Nouvelle Économie et les profonds changements qu’elle entraîne ont-ils été suffisamment anticipés ?

Pour la première fois de notre histoire, une « technologie » s’est diffusée en moins de vingt ans sur l’ensemble de la planète. Deux milliards d’individus sont désormais reliés par Internet. La révolution numérique bouleverse nos modes de vie, nos relations, notre culture, notre éducation, notre économie, nos institutions, le fonctionnement même de notre société, et ce, brutalement, en profondeur et de façon durable. L’humanité produit en deux jours autant de données qu’elle l’a fait en deux millions d’années. Or nous constatons que nos organisations sociales, politiques et démocratiques demeurent bloquées dans des schémas de pensée du siècle précédent. L’anticipation est très difficile quand les changements sont aussi rapides et importants. En revanche, nous avons maintenant l’obligation de faire preuve d’une plus grande agilité d’organisation, pour nous adapter à des innovations permanentes dans notre société. Le conflit entre VTC et taxis est la parfaite illustration du manque d’anticipation et d’adaptation. Toutes les politiques publiques vont être transformées : le politique doit porter une vision d’avenir intégrant ces changements et en débattre avec les Français. L’échéance de l’élection présidentielle de 2017 est une formidable opportunité pour le faire.

Ces bouleversements doivent être accompagnés, notamment sur le plan social : quelle est votre approche à cet égard ?

Toutes les politiques publiques vont être transformées et nos gouvernants n’abordent que la partie superficielle de ces transformations : le monde des start-up avec la French Tech ou encore le déploiement du très haut débit. C’est bien, mais c’est clairement insuffisant ! Les politiques doivent porter une vision d’avenir de la France et du fonctionnement de nos institutions, intégrant ces changements et en débattre avec les Français. Quel système de santé demain ? Quel programme d’éducation ? Quelles formations sont nécessaires pour de nouveaux métiers ? Quel impact sur le fonctionnement de la justice ? Comme tous les services publics vont être transformés par la révolution digitale, aucun Français ne doit rester au bord du chemin. Il y a une urgence sociale à offrir un accompagnement pour éviter tout isolement, territorial ou social. La création des « lieux de médiation numérique » permet de le faire, tout en relocalisant virtuellement les services publics dans les territoires ruraux.

Comment analysez-vous l’impact de cette évolution en termes d’emplois ?

Dans ce monde fait d’innovations, la France doit renouer avec son histoire de pays d’entrepreneurs et retrouver un esprit de conquête. Comme le propose Bruno Le Maire, député de l’Eure, il faut valoriser les initiatives, libérer les énergies des entrepreneurs, en levant certains carcans réglementaires du Code du travail, et favoriser l’investissement en allégeant la fiscalité sur le capital. La France et l’Europe ne sont pas hors-jeu. L’Internet des objets, la réalité augmentée, les villes intelligentes, le développement de l’e-santé, de l’e-éducation, de la robotique ou la constitution de nouvelles plates-formes et l’émergence de nouveaux services sont à même de ramener les industries européennes sur le devant de la scène. Mais il est grand temps d’agir ! Ces bouleversements ne doivent pas être perçus comme des risques mais comme autant d’opportunités de mettre fin aux trente piteuses en matière sociale et économique dont l’affaiblissement des classes moyennes d’année en année est l’indicateur. « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace », aurait dit Danton !

Gaël Sliman Président d'Odoxa Gaël Sliman, Président d'Odoxa

Notre pays se caractérise par une courbe d’apprentissage, d’équipement et d’usage à l’égard du numérique très particulière. D’abord très lents à adopter les innovations, les Français accusent au départ un retard important sur les pays occidentaux comparables puis, une fois mis en route, ils vont beaucoup plus vite que les autres pour non seulement rattraper leur retard mais même, bien souvent, dépasser leurs voisins.

Nous avons vécu cette situation lors des quatre grandes révolutions technologiques de ces trente dernières années (du milieu des années 1980 à 2016) : d’abord sur l’équipement en ordinateurs dans les foyers, puis sur le téléphone portable, puis sur l’usage d’Internet, puis sur le développement des smartphones et donc des usages Web en mobilité. À chaque fois, la France n’embraye pas, démarre en retard puis rattrape son retard au point d’avoir bien souvent in fine des équipements beaucoup plus modernes et développés que ses grands voisins. La tendance est la même s’agissant des entreprises relevant de l’économie numérique. Initialement lent à démarrer, notre pays fait désormais partie de ceux disposant du tissu d’entreprises du numérique les plus importantes et les plus performantes. Résultat, notre pays est aujourd’hui l’un des mieux équipés, l’un de ceux disposant de réseaux (4G, fibre…) les plus développés, et figure au deuxième rang (derrière les États-Unis) des pays les plus représentés au Consumer Electronic Show de Las Vegas, le salon de référence du secteur. Bref, nous sommes un peu le lièvre de la fable de La Fontaine « Le lièvre et la tortue » sauf que, pour le moment, nous finissons toujours par rattraper les tortues. Pourquoi cette étrange courbe d’apprentissage ? D’abord parce qu’il existe en France un principe de précaution profondément ancré dans notre société. Ensuite parce que nous avons une bien faible confiance en l’individu et un fort besoin de protection par la puissance publique. Tous ces éléments concourent à nous rendre plus méfiants face aux nouveautés technologiques. S’ajoute plus globalement à cela le rôle décisif de l’État comme initiateur des grandes révolutions ou mutations. Bref, le Français n’est en aucun cas un early adopter mais, une fois rassuré par la puissance publique, il se lance à corps perdu dans l’aventure. Tout le problème est que, bien souvent, la puissance publique tarde à le rassurer ou à prendre les décisions permettant de libérer l’adoption de ces nouveaux usages. Car, en réalité, les individus sont beaucoup plus enclins à adopter ces nouveautés que ne le pensent les gouvernants ou la puissance publique. Dans les nombreuses enquêtes effectuées par Odoxa dans ce domaine, et notamment dans le cadre de notre Baromètre de l’innovation*, nous observons systématiquement une bien plus grande envie ou témérité de nos interviewés à l’égard des innovations que ce que les organismes étatiques imaginent. Un exemple précis : notre Baromètre de l’innovation de septembre montre que, globalement, l’utilisation des objets connectés en matière de santé est de plus en plus plébiscitée par les Français (plus de 8 Français sur 10 se déclarent très favorables au développement de leur usage) et que plus des trois quarts d’entre eux (77%) souhaiteraient consulter leur dossier médical partagé (DMP). L’échec actuel de celui-ci (seulement quelques centaines de milliers d’utilisateurs) ne provient donc pas des préventions supposées des patients sur les nouvelles technologies, mais tout simplement de l’absence de volonté réelle des pouvoirs publics d’en développer l’usage et des freins du corps médical, les médecins ne proposant presque jamais à leurs patients la mise en place de leur DMP : cela leur prendrait du temps sans qu’aucune rémunération ne les y incite. Mais si, demain, le ministère de la Santé se décide, d’une part, à en faire la promotion dans de vastes campagnes d’informations grand public et si, d’autre part, il propose un moyen efficace de dédommager les médecins du temps qu’ils consacreront à l’expliquer à leurs patients, alors il n’y a guère de doutes qu’en quelques mois le nombre de patients « DMP-isés » décuplera et passera de 500 000 à 5 millions, et bientôt davantage. Nul doute que si cela se produisait, les conséquences seraient très positives, tant en matière de santé publique que d’économies pour la collectivité, et même de satisfaction des patients. D’ailleurs, plus globalement, au-delà du cas particulier de la santé, les Français sont en demande d’une plus grande promotion de l’innovation par les pouvoirs publics. Dans notre Baromètre de l’innovation d’avril, 88% de nos concitoyens estimaient ainsi que favoriser l’innovation aurait un rôle décisif pour développer la croissance et l’emploi, priorités absolues des Français depuis plus de dix ans. Or, les Français en sont convaincus, la France n’encourage pas l’innovation : 58% d’entre eux lui font ce reproche, alors que 73% des Britanniques et 53% des Allemands estiment au contraire – à tort ou à raison – que leur pays favorise l’innovation. C’est une leçon à méditer pour nos politiques, qui abordent une année très riche électoralement : primaire de droite, primaire de gauche, présidentielle puis législatives. Investir ce territoire de l’innovation serait un moyen efficace de répondre aux attentes de leurs électeurs tout en promettant des progrès dans la vie de chacun, sans hausse des impôts et des taxes et peut-être même en améliorant les services offerts. Pour une fois, la promesse électorale serait crédible. Cela devrait faire rêver les tribuns en campagne. * Baromètre Odoxa effectué tous les mois avec Microsoft pour Stratégies, BFM et L’Usine nouvelle.

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« Une approche, exaltante et incertaine, de type pourquoi pas ? »