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Rénovation énergétique des bâtiments : bon pour le climat et les propriétaires !

Le 31 Oct 2017 à 17h51

Une enveloppe de 10 à 20 milliards d’euros vient d'être annoncée par le gouvernement pour financer la rénovation énergétique des bâtiments. Qu'est-ce que cela implique ?

Lundi 25 septembre, le premier Ministre Edouard Philippe annonçait une enveloppe de 57 milliards d’euros pour « accélérer l’adaptation de la France aux enjeux du XXIe siècle ». Et le premier chantier annoncé, la transition énergétique ne devrait pas être en reste avec une enveloppe de 10 à 20 milliards d’euros notamment pour financer la rénovation des « passoires thermiques ». 

En 2015 la part du résidentiel et du tertiaire représentait 45 % de la consommation finale d’énergie en France. Il occupe de loin la première place devant le transport avec 33 %. Le secteur est également responsable de 22 % des émissions de CO2, cette fois-ci loin derrière le transport (39 %) et l’industrie (36 %).

La rénovation apparaît donc en première ligne de toute politique de transition, d’autant plus que le taux de renouvellement de notre parc immobilier est seulement de 1 % par an.

Vaste programme de rénovation

La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 impose un programme de rénovations sans précédent : d’ici à 2050, l’ensemble du parc immobilier devra être au niveau « Bâtiment Basse Consommation » (classification entre A et B). Cela équivaut à une diminution de 67 % de la consommation énergétique par rapport à 2010 et à une division par 4 des émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’année de référence, 1990. La Fédération française du bâtiment table sur plus de 20 millions de logements à rénover et un marché potentiel de 14 milliards d’euros par an jusqu’en 2050.

Personne ne dit que c’est impossible. D’un point de vue coût/bénéfice, pour un propriétaire qui habite son logement, c’est clairement une bonne opération à plus ou moins long terme. Si elle n’est encore que minoritaire en France, une rénovation complète du bâtiment, plutôt que par étapes, sera beaucoup plus intéressante du côté prix des travaux et des économies d’énergie.

Autre avantage, le propriétaire verra la valeur de son bien progresser et sa qualité de vie dans le logement s’améliorer. Dans ce cas, les véritables enjeux se situent sur les instruments financiers qui vont permettre d’aider les ménages à aboutir le plus rapidement possible à l’équilibre financier, entre dépenses pour les travaux et économies sur la facture énergétique, notamment pour les ménages les plus pauvres. Les nouvelles annonces du Ministre de l’écologie et des solidarités vont dans ce sens, comme la prime versée dès que les travaux seront terminés et qui remplacera le crédit d’impôts.

Rénovation rime avec innovation

L’innovation technique est au cœur de la rénovation. Aux Pays-Bas, un programme baptisé EnergieSprong a permis la création d’une véritable industrie de la rénovation en kit qui permet de réhabiliter entièrement une maison en quelques jours. Ce programme comprend une isolation par l’extérieur préfabriqué, une toiture avec panneaux solaires et un système de chauffage intelligent. Grâce au nombre de commandes, le programme a permis des économies d’échelle très importantes : le coût de rénovation d’une maison est passé de 140 000 à 70 000 euros. EnergieSprong annonçait en 2016 1000 réalisations, 10 000 logements signés supplémentaires et 100 000 logements en cours de négociation. La société GreenFlex a été choisie pour développer le modèle en France. Visant dans un premier temps les petites maisons individuelles et les bailleurs sociaux, EnergieSprong, littéralement « saut énergétique », espère maintenant convaincre les partenaires nécessaires.

Rentabilité à moyen terme !

La fièvre de la rénovation a traversé l’Atlantique. A New York, on emploie la manière forte. Le maire Bill de Blasio à dévoilé mi-septembre un plan qui va obliger les propriétaires des surfaces dépassant 2 300 m2 à respecter un plafond d’émission par bâtiment. Cela revient à les forcer à effectuer des travaux de rénovation. En cas de dépassement, les propriétaires se verront infliger une forte amende. Tout Manhattan sera concerné, même la tour Trump ! La ville qui a vu les phénomènes climatiques inattendus se multiplier ces dernières années, notamment Sandy en 2012, se veut à la pointe de la transition énergétique.

Revenons en France et prenons l’exemple concret d’une maison de 100 m2 avec un vieux chauffage au fioul et une dépense de chauffage de 160 euros par mois en moyenne annuelle. Après une rénovation thermique extérieure et l’installation d’un système à gaz pour un coup de 30 000 €, on pourra espérer, après ajout des différentes aides, une facture descendue à 40 euros. Si l’on ajoute 140 euros de remboursement de prêt, on arrive donc à un coût total mensuel de 180 euros, 20 de plus que précédemment. Oui mais avec un augmentation moyenne de 5 % de l’énergie par an, le coût mensuel de chauffage va rapidement tomber en dessous de ce que les propriétaires auraient dû payer sans rénovation. Mais surtout à la fin du prêt, au bout de 15 ans, ils ne paieront plus que 80 € de chauffage contre 320 € s’ils étaient restés avec l’ancien système. Si ces calculs sont évidemment indicatifs et que chaque cas est particulier, la rénovation est, dans tous les cas, plus que rentable.

La rénovation énergétique des bâtiments est indispensable au respect de nos engagements écologiques et sociaux et elle est aussi largement bénéfique aux propriétaires. Un système gagnant-gagnant.