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Présidence Macron : l’énergie dans la continuité

Le 12 Mai 2017 à 16h08

Ce n’est pas du côté de l’énergie qu’il faudra chercher la « Révolution En Marche ». Emmanuel Macron ne change quasiment rien à la politique menée par François Hollande et se range sous la double bannière de l’Accord de Paris sur le climat et de la Loi de transition énergétique.

Dans le programme du nouveau président de la République, « la transition écologique qui est aussi économique et énergétique est le défi du XXIe siècle ». Le candidat en voulait pour preuve les « 250 millions de réfugiés climatiques attendus en 2050 » ou les « 48 000 morts prématurés en France chaque année » en raison de la pollution atmosphérique.

Si le diagnostic est à la fois sévère et consensuel, le remède ne marque pas de rupture notable. L’objectif numéro 1 est de « sortir la France des énergies fossiles » pour à la fois limiter les émissions de gaz à effet de serre et rééquilibrer notre balance commerciale (nous avons importé annuellement sur les dix dernières années entre 20 et 50 milliards d’euros de pétrole en fonction du prix du baril).

Bâtiments et transports, les deux grands leviers

Pour parvenir à cet objectif, Emmanuel Macron mise d’abord sur la sobriété et l’efficacité énergétique, principalement dans les deux grands secteurs déjà bien identifiés que sont les bâtiments et les transports.

Sur les bâtiments, divers soutiens sont promis : audit énergétique gratuit à tous les propriétaires en situation de précarité énergétique, rénovation thermique de 500 000 logements pas an, diagnostics aidés pour les PME. Un fonds public de 4 milliards d’euros est prévu pour les « logements passoires » détenus par des propriétaires précaires (soit autant que pour la rénovation des bâtiments publics).  

Sur les transports, l’accent est clairement placé sur les déplacements individuels avec la réduction affichée de la part du diesel grâce à une fiscalité qui sera alignée sur celle de l’essence. Une prime de 1 000 euros est promise pour aider tout propriétaire d’un véhicule de plus de 15 ans à acquérir un véhicule plus écologique, neuf ou d’occasion. Le bonus-malus est maintenu pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable. Il est également prévu d’accélérer le déploiement de bornes de recharge.

Nucléaire en baisse, renouvelables en hausse

Sur la production électrique, Emmanuel Macron aurait pu faire un copier-coller de la politique de François Hollande. La part du nucléaire en 2025 sera réduite à 50 % contre 75 % aujourd’hui, conformément à la Loi de transition énergétique pour la croissance verte. Le président élu réaffirme clairement la pertinence de l’atome et n’envisage à aucun moment d’aller plus loin. La fermeture de l’emblématique centrale de Fessenheim est réaffirmée « dès qu’entrera en service l’EPR de Flamanville ». Quant aux autres centrales de plus de 40 ans, aucune décision ne sera prise sans l’avis de l’Autorité de sureté nucléaire dont les moyens seront « consolidés ».

Les dernières centrales à charbon seront fermées dans les cinq ans qui viennent, ce qui n’est là encore qu’une confirmation, tout comme l’interdiction de l’exploration de gaz de schiste et la fin de la délivrance de permis d’exploration d’hydrocarbures. Pour compenser la baisse du nucléaire, les renouvelables vont poursuivre leur développement mais reste à connaître précisément le rythme. Dans le programme, il est proposé de doubler les capacités d’ici à 2022. Problème, cet objectif est inférieur au triplement voire au quadruplement inscrit dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie, ce que n’ont pas manqué de souligner France Nature Environnement ou Greenpeace. Mesure annoncée beaucoup mieux accueillie, la simplification des procédures de déploiement des énergies renouvelables. Il est enfin promis de renforcer les efforts de recherche sur le stockage de l’énergie, véritable Graal de la transition énergétique.

Des mesures plus concrètes dans les prochains mois

Rien de révolutionnaire donc dans ces propositions mais il faudra sans doute patienter pour envisager une autre étape. Emmanuel Macron a été plutôt discret sur ces questions pendant la campagne mais il reconnaît bien que la transition écologique et énergétique « affecte tous les secteurs de la vie économique et sociale ». Pour le moment, les mesures annoncées peuvent être considérés comme des ajustements. La suite est inscrite dans le programme : « forger un nouveau modèle et inventer de nouvelles façons de nous déplacer, de nous nourrir, de produire, nouveau modèle porteur de solidarité, d’emplois, de compétitivité, de santé et de meilleure qualité de vie ».

En langage présidentiel, on appelle cela fixer un cap !