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Jean-Louis Borloo : "Les COP permettent de parler de l'électrification de l'Afrique"

Le 28 Sep 2016 à 11h44

Les événements autour des COP, comme le Climate Chance, sont l'occasion pour Jean-Louis Borloo, ancien ministre et fondateur d’Énergies pour l’Afrique, de faire connaitre son plan Europe/Afrique pour l'électrification du continent africain. Et de rappeler que l'investissement de l'Occident est insuffisant.

Jean-Louis Borloo, Ancien ministre et fondateur d’Énergies pour l’Afrique

Quels changements depuis COP21 ?

Depuis COP21, rien ! En revanche, les chefs d’Etat africains ont décidé à l’unanimité d’un plan d’électrification du continent africain. C’est assez simple : un outil transparent, évaluable, traçable. Pour électrifier, il ne faut pas se raconter de blague, il faut une part de subventions internationales. Si vous voulez faire un barrage, à 500 millions, si vous n’effondrez pas le point mort avec 100 millions de subventions, vous ne le ferez pas. Tout le reste est un mensonge. Cela a été vrai en France, aux Etats-Unis, en Inde, en Chine. L’Europe m’a dit ok pour 3 milliards par an pendant 15 ans et la question est savoir si on passe, non pas dans la COP mais à l’occasion du sommet de l’Union africaine (dans cette période COP/sommet) à cet accord historique entre Europe et Afrique.

Les COP et l’Afrique ?

J’ai été très triste que sur le document COP21 définitif de New York, on ait supprimé le mot « Afrique ». Il y a le monde des COP, c’est une occasion d’en parler, et puis il y a le plan Europe/Afrique d’électrification massive du continent, et c’est un sujet politique.

Et les climatosceptiques ?

 

La vraie question c’est l’Occident continue à mentir sur l’aide réelle qu’on apporte aux pays victimes du dérèglement climatique. Le Climate Fund, qui devait être de 10 milliards de dollars par an pour l’Afrique, qui a été mis à Séoul il y a 6 ans, il a eu 128 millions de dollars dont 95 % dépensés en frais de fonctionnement. On parle de 100 milliards, en mélangeant le privé qui va à Shanghai… La vérité c’est que ce sont moins les climatosceptiques qui sont un problème, parce qu’ils sont minoritaires, que… tout ça. Tout ça est quand même un grand grand sketch dans lequel l’Occident s’engage assez peu.