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Hydrogène : le carburant du futur ?

Le 19 Juin 2017 à 12h12

Rouler à l'hydrogène, cela va bientôt être possible à Berlin. La station hydrogène berlinoise permet aux constructeurs automobiles, depuis plusieurs années, de tester leurs véhicules hydrogène. La phase industrielle réelle va pouvoir commencer.

Pourquoi l’hydrogène ?

Guillaume Larroque, Directeur général stations-service Total Allemagne

L'idée de l'hydrogène c'est d'abord la volonté par les constructeurs automobiles d'atteindre notre objectif en termes d'émissions de CO2. Ce dont il s'agit pour nous, c'est de mettre à disposition du constructeur des tests, des stations tests qui lui permettent de réaliser son programme de recherche et de donner une chance à cette technologie de s'imposer.

Wolgang Leder, Responsable Marketing Produits Total Allemagne

C'est une voiture électrique qui roule à l'hydrogène, donc c'est une voiture qui produit l'électricité dans une pile à combustible. Ça prend à peu près 4 minutes pour faire le plein d'une voiture à hydrogène. Ça fonctionne tout automatiquement. Un plein c'est à peu près 400 kilomètres, ça dépend un peu du modèle, ça coûte 40 €, et le prix par kilo est à 9,50 €. Il faut dire que c'est un prix politique, ça veut dire qu’on ne donne pas le coût réel au client final. Les coûts sont pour une partie subventionnés par le gouvernement allemand, et pour une autre partie, couverts par les entreprises comme Total.

De l’expérience à la réalité

Guillaume Larroque, Directeur général stations-service Total Allemagne

On a une chance de rentrer très bientôt dans une phase industrielle réelle. On a été pendant les 10 dernières années dans une expérience. Ce qui permettra d'entrer dans une phase industrielle réelle, c'est le nombre de véhicules qu'on constatera sur le marché.

On voulait éviter au départ d'avoir le phénomène de l’œuf et la poule. C'est-à-dire les constructeurs disent: "on ne peut pas lancer une nouvelle énergie s'il n'y a pas de réseau de stations-service", et les opérateurs de stations disent : "on ne peut pas investir dans des réseaux s'il n'y a pas les véhicules disponibles".

On s'est tous mis dans une joint-venture qui s'appelle H2 Mobility, dont le but est de permettre à l'ensemble des acteurs de développer l'infrastructure de manière coordonnée et phrasée dans le temps. Et là, les autorités allemandes ont montré un grand pragmatisme en subventionnant 50% de ces investissements.

L'objectif d’H2 Mobility c'est d'arriver à terme, c'est-à-dire environ en 2025, à 400 stations-service hydrogène en Allemagne. 400 stations ce n’est pas énorme, mais bien réparties sur le territoire, ça permet d'offrir partout une solution au client final.

Certes, le véhicule hydrogène est beaucoup plus cher que le véhicule traditionnel, mais on sait qu'il y a un énorme potentiel de réduction des coûts sur ces véhicules. Donc il y a beaucoup d'arguments qui vont dans le bon sens. Il y a une vraie chance pour que cette technologie se développe, et une fois de plus, pour nous l'intérêt, c'est que la station-service, elle est utilisée et elle est pertinente.