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Grèce : crise économique synonyme de crise environnementale ?

Le 24 Nov 2015 à 17h17

Pour le parti écologiste grec, la crise économique que traverse actuellement le pays affecte directement la lutte contre le changement climatique. Les caisses sont vides…y compris pour l’environnement. Pour le ministère de l’énergie, la dimension sociale de la production énergétique, qui rassemblerait divers pans de la société grecque, est l’un des défis à relever.

Quel est l’impact de la crise grecque sur l’environnement ?

Zoi Vrontisi, responsable des politiques énergétiques du parti des Verts Écologistes.

 

La crise aurait pu être bénéfique parce que c’est une occasion unique de tout repenser. Mais l’expérience montre que jusqu’ici la crise endommage l’environnement. Avec le mémorandum, les choses sont devenues plus difficiles, les gens et les politiques voient l’environnement comme un luxe. En même temps, l’État manque de moyens et d’institutions pour protéger l’environnement.

Que dit le mémorandum sur le secteur de l’énergie ?

Dimosthenis Papastamopoulos, Directeur de cabinet, ministère de l’Énergie, de l’Environnement et du Réchauffement climatique.

 

Le principal enjeu est la privatisation, en particulier la privatisation du réseau électrique. Actuellement, nous avons un géant étatique, qui est PPC [équivalent d’EDF en Grèce], mais c’est un géant étatique du passé. Nous tentons de mettre en place une phase de transition, par laquelle ce géant étatique deviendrait une entreprise publique. Pour tout le reste, ce sont les mêmes enjeux que pour les autres États membres : la question des paiements de capacité, des systèmes de tarifs de rachat, en particulier pour les sources d’énergie renouvelable, la question du prix de l’électricité pour l’industrie… Ce n’est pas seulement un problème grec.

Quelle place pour la politique énergétique de Syriza ?

 

C’est l’un des principaux soucis de notre ministère : comment la production énergétique peut-elle être abordée sous un angle social ? A petite échelle, on pourrait avoir des coopératives qui pourraient rassembler des particuliers, des coopératives agricoles, des municipalités, des petites entreprises, sur les îles, et pourquoi pas des hôtels. On peut utiliser l’énergie, pour parvenir à une démocratie de l’énergie. C’est pourquoi faire face à la privatisation est l’un des principaux enjeux de notre gouvernement.