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Gaz : comment l’Europe s’approvisionne-t-elle ?

Le 24 Mar 2017 à 11h43

Chaque année, un tiers du gaz consommé par les Européens est acheté à la Russie. Pour réduire cette dépendance, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement. Mais quelles solutions s’offrent à elle ?

L’Europe dépendante du gaz russe ?

Gazprom, vous connaissez ? Cette société russe est à la fois le plus grand producteur de gaz de la planète,  et... c’est aussi un peu le fournisseur officiel de l’Union européenne !

Chaque année, un tiers du gaz consommé par les Européens est en effet acheté à la Russie, ce qui représente 40% du total de leurs importations.

Etonnant, non, quand on connaît les relations parfois tendues qui unissent le vieux continent et son voisin.

Et la balance ne devrait guère s’équilibrer : les réserves de la mer du Nord approchent de leur date d’expiration et la part de la Russie devrait croître un peu plus encore à l’horizon 2030 !

Mais alors... que se passerait-il si un jour la Russie décidait de fermer le robinet ? C’est la question qui agite toute l’Europe !

A dire vrai, les Russes n’auraient aucun intérêt à le faire : la quasi totalité de ses exportations partant vers l’Ouest, elle perdrait une source considérable de revenus !

Les risques de la dépendance…

N’empêche ! En 2009, les choses ont bien failli mal tourner. En plein conflit avec l’Ukraine, la Russie interrompt ses livraisons durant 14 jours, privant ainsi d’énergie 12 pays européens au beau milieu de l’hiver.

Dès lors, l’Europe n’a plus qu’une idée en tête : sortir au plus vite de sa dépendance et ne plus avoir tous ses œufs dans le même panier !

…et les solutions pour en sortir

Elle décide de se tourner vers le gaz naturel liquéfié. Contrairement au gaz classique qui voyage dans des tuyaux qui figent les relations entre producteurs et consommateurs, celui-ci est placé sous forme liquide à -161°C pour être transporté par bateau. Parfaitement mobile, il permet de multiplier contrats et partenaires.

L’Europe décide également d’enrichir son réseau de gazoducs pour favoriser les interconnexions entre pays et instaurer une solidarité qui permettra de compenser les pertes en cas de rupture.

Enfin, elle décide d’enrichir son réseau et signe la construction d’un nouveau corridor gazier vers l’Asie centrale qui la reliera bientôt à l’Azerbaïdjan.

La Russie garde néanmoins sa position dominante

Mais, la Russie réplique ! Pour éviter que 80 % de son flux gazier ne transite par l’Ukraine, elle se lance dans la construction d’un maillage à travers le continent, augmentant sa capacité de transport de plus de 100 milliards de m3 par an. L’Europe se retrouve prise en étau !

Que voulez-vous ! Quand il s’agit de gaz, on ne se débarrasse pas si facilement d’un partenaire aussi ancien... et installé !

Tenez ! Un chiffre: avec 170 milliards de m3 importés depuis la Russie en 2016, jamais l’Europe n’a acheté autant de gaz russe...