picto-energie-couleur Énergies

Gaz : l'importance du marché du transport

Le 30 Oct 2017 à 17h31

Reportage au congrès du gaz de Paris. Liquéfié ou comprimé, l'essor de cette énergie fossile est étroitement lié au transport, lui-même terrestre ou maritime.

Olivier Appert, ingénieur-conseil en énergie et transport

Le gaz, pour augmenter sa part de marché, doit viser d'autres marchés et notamment le marché du transport.

Jérôme Ferrier, ex-président de l’Association française du gaz

Il y a deux composantes très claires sur le gaz naturel liquéfié, qui sont très porteurs d'espoir. Il y a la mobilité de transport terrestre, il y a la mobilité de transport maritime. L'avantage du GNL, c'est que pour des flottes de camion sur de très longues distances, le GNL apporte par rapport au gaz naturel comprimé un avantage additionnel, c'est que vous êtes en mesure d'avoir une autonomie beaucoup plus grande.

Alain Giocosa, directeur plateforme GNL carburant marin et fluvial

Le GNL comme carburant, c'est du gaz naturel. On a tous les avantages du gaz naturel. À savoir que sa combustion ne produira quasiment pas de particules fines. Quasiment pas de soufre ou de produits soufrés. Une réduction des NOx qui peut aller jusqu'à 80%. Et une réduction du CO2 de l'ordre de 20%.

Laurent Vivier, directeur gaz de Total

Très sincèrement, quand on regarde en détail, si on veut donner un futur au gaz dans le transport terrestre, il vaut mieux regarder le gaz naturel comprimé et pas forcément le GNL, qui rajoute encore un coût dans cette logistique-là. Franchement, on voit pas en tout cas quelque chose qui va changer les grands ordres de grandeur dans la demande mondiale. Les soutes marines, c'est autre chose.

Olivier Appert, ingénieur-conseil en énergie et transport

Effectivement, ça présente beaucoup d'avantages de remplacer du fioul lourd par du GNL. De toute façon, les normes environnementales sont de plus en plus strictes.

Laurent Vivier, directeur gaz de Total

Grâce à l'appui d'une réglementation plus contraignante, les armateurs se posent la question de comment répondre à ces contraintes plus importantes, avec certains, même, qui franchissent le pas, et qui contractent, et qui lancent la construction de navires qui seront propulsés au GNL.

Olivier Appert, ingénieur-conseil en énergie et transport

Mais ça se fera au rythme de renouvellement des flottes. Et ça, ça prendra quand même un certain temps.

Laurent Vivier, directeur gaz de Total

Le problème qu'on a aussi pour être crédibles, si on veut vraiment voir ce marché décoller, il faut être crédibles internationalement. On peut pas assurer un point de chargement sur des routes maritimes qui vont aller d'Europe à Singapour, ensuite remonter vers la Chine. Il faut pouvoir couvrir des approvisionnements tout le long de ces grandes routes maritimes.

Jérôme Ferrier, ex-président de l’Association française du gaz

Et là, si ça se concrétise, ça veut dire qu'on est en train de voir un marché nouveau avec des pans entiers de l'industrie et aussi différente que des croisiéristes, des ferristes et des porte-containeristes, qui basculent sur notre énergie qu'est le gaz naturel liquéfié. C'est la preuve qu'ils croient au futur du GNL, qu'ils sont prêts aujourd'hui à surinvestir, mais qu'ils anticipent sur des réglementations telles, que de toute façon, ils considèrent que l'avenir pour eux consistera à passer la carburation au gaz naturel liquéfié.