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Énergie solaire : état des lieux 2017

Le 10 Avr 2017 à 10h48

Au colloque du Syndicat des énergies renouvelables qui s'est tenu à Lyon le mois dernier, on pouvait entendre que le solaire est la source d’électricité qui grandit le plus rapidement dans le monde. Quel est son développement en France et dans le monde ? Qui est le leader mondial du photovoltaïque ? Quelles sont ses perspectives ?

Gaëtan Masson, directeur Institut Becquerel

L’état des lieux de l’énergie solaire dans le monde est assez intéressant aujourd’hui : en 2016, nous avons atteint 75 gigawatts de capacité de production installée en une seule année. C’est le marché le plus élevé que nous ayons jamais eu de tous les temps. Nous avons aujourd’hui plus de 300 gigawatts d’électricité photovoltaïque qui pour l’instant présentent l’électricité photovoltaïque comme la source d’électricité qui grandit le plus rapidement dans le monde.

Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables

Aujourd’hui le développement du photovoltaïque en France c’est environ 7 000 mégawatts. En puissance, une centrale nucléaire c’est de l’ordre de 1 000 mégawatts. Ça représente, en production d’énergie, un peu plus d’1 % de la consommation française.

Les leaders mondiaux ?

Gaëtan Masson, directeur Institut Becquerel

Ça a d’abord été l’Union européenne, au cours des premières années de cette décennie. Maintenant c’est la Chine qui occupe la première place. Il y a toute une série de régions dans le monde où il y a une demande d’électricité importante, principalement ce qu’on appelle en anglais la sunbelt, en gros les pays qui se trouvent à plus ou moins 30-35 degrés nord-sud de l’équateur, c’est donc principalement l’Amérique latine, où le photovoltaïque commence à se développer. Il y a toute l’Afrique, où il y a un besoin énorme d’électrification. Si l’on regarde dans les pays où il se développe, on a toujours une croissance de la demande d’électricité qui est importante et donc le photovoltaïque vient en supplément.

En Europe il vient en concurrence avec les installations existantes, et donc l’intérêt de développer le photovoltaïque sans incitant – pas financier – mais sans incitant politique, est moins important.

Quel cadre pour investir ?

Pour produire de l’électricité photovoltaïque à bas coût, on a besoin de se trouver dans une région politiquement stable, où le coût du capital, le coût de l’argent, est faible.

Différences Europe / Asie ?

Richard Loyen, délégué général d’Enerplan

La grande différence entre l’Asie – et la Chine en particulier – et l’Europe et la France, c’est le coût du capital. Les banques publiques chinoises ont largement ouvert le robinet afin que les industriels chinois puissent monter en puissance en matière de taille d’usine. Ce qui n’a pas nécessairement été fait en Europe, on n’a pas de ligne de crédit aujourd’hui ouverte au niveau de la banque européenne d’investissement, pour pouvoir faire accéder nos industriels à du capital peu cher.

Loi autoconsommation ?

Richard Loyen, délégué général d’Enerplan

La loi sur l’autoconsommation est une véritable révolution culturelle. On va entrer dans l’ère de la décentralisation de la production d’électricité, et son appropriation par les citoyens. On va pouvoir partager son électricité : une collectivité avec ses administrés, voire avec ses voisins.

Et la blockchain ?

Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables

La blockchain peut être un moyen technologique d’organiser les échanges entre différents producteurs et consommateurs au sein d’une boucle d’autoconsommation collective.

Quid du stockage ?

Gaëtan Masson, directeur Institut Becquerel

Au niveau du stockage, on en est aux balbutiements aujourd’hui.

Richard Loyen, délégué général d’Enerplan

C’est un enjeu majeur au niveau mondial, c’est ce qui nous permet avec une électricité solaire compétitive de pouvoir bien s’insérer dans le réseau, de ne pas surinvestir dans les capacités du réseau. Trouver la bonne équation et une feuille de route stockage et flexibilité, c’est ce qui permettra à l’industrie solaire et à l’ensemble de l’écosystème de bien se développer.

Quelles perspectives ?

Gaëtan Masson, directeur Institut Becquerel

Il faut savoir que la Chine à elle seule envisage d’installer 2 000 gigawatts d’électricité photovoltaïque d’ici 2050. Si l’entièreté du monde fait comme elle, on en aura 10 000 ou 15 000 à la même époque.