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Congrès du gaz : quels enjeux pour cette énergie ?

Le 19 Oct 2017 à 11h46

Le Congrès du gaz a réuni près de 650 professionnels du secteur les 19 et 20 septembre à Paris pour participer à des débats d’actualité et échanger sur les défis de l’industrie gazière.

Jérôme Ferrier, ex-président de l’Association française du gaz :

Le gaz revient en odeur de sainteté. Je sais pas si parler d'odeur, en ce qui concerne le gaz, est approprié.  Mais c'est quand même comme ça qu'on le vit.  

Laurent Vivier, directeur gaz de Total :

Alors certains le voient devenir la deuxième énergie fossile.  Certains le voient à la première place.

Ça dépend des hypothèses et des scénarios. Mais en tout cas, on voit aujourd'hui que la demande de gaz mondiale augmente à peu près de 2 % par an.

Jérôme Ferrier, ex-président de l’Association française du gaz :

Plus on va développer de l'énergie renouvelable dans notre matrice énergétique, plus il y aura nécessité de trouver une énergie  de compensation pour prendre la relève.

Et le gaz naturel peut répondre à cette question, parce qu'il a la capacité d'une reprise quasi instantanée pourvu qu'on dispose, évidemment, de centrales au gaz.

Laurent Vivier, directeur gaz de Total :

L'avenir du gaz, c'est en particulier la génération électrique. Et c'est clairement dans ce face-à-face qu'elle a avec le charbon, pour être la principale source d'énergie électrique dans le monde.  

L'Asie va tirer très significativement. On voit des prises de position très fortes de basculer du charbon vers le gaz naturel. Ça a déjà été le cas de Pékin où les 4 grandes centrales au charbon de Pékin ont toutes les 4 été arrêtées. Ça sera le cas en Inde. Et je rajouterais les États-Unis, qui pour des raisons liées à la production de gaz de schiste, basculent aussi au gaz naturel.  

Olivier Appert, ingénieur-conseil en énergie et transport : 

Par contre, en Europe, le gaz a été concurrencé par les énergies renouvelables et la consommation de gaz a diminué depuis 2008 de façon significative.

Jérôme Ferrier, ex-président de l’Association française du gaz :

Il y a aujourd'hui des acteurs pour qui le charbon est un élément essentiel de leur matrice énergétique.  Et parce qu'ils ont des ressources charbonnières, parce qu'il y a un enjeu social  et parce que c'est compliqué de développer massivement  des renouvelables qui leur coûtent très cher, et de ne pas compléter avec l'énergie qui est aujourd'hui la moins chère et qui le sera durablement, qui est le charbon.  

Laurent Vivier, directeur gaz de Total :

C'est vrai que transporter du gaz, comparé à transporter du charbon, transporter des produits pétroliers, c'est plus compliqué. Il y a un problème de pression, faut les mettre dans des tuyaux, qui coûtent cher à construire. Il faut de temps en temps le liquéfier pour le transporter en GNL, et ça coûte cher aussi. Donc c'est une chaîne logistique qui est chère.  

Olivier Appert, ingénieur-conseil en énergie et transport :

Alors, la solution miracle, ce serait le prix du CO2.

François-Régis Mouton, président du Comité gaz, IOGGP :

L'instauration du prix plancher du carbone en Europe est une vraie question. Si la France et l'Allemagne prennent l'initiative d'un prix plancher européen, d'autres pays européens vont suivre et ça va faire boule de neige.

Jérôme Ferrier, ex-président de l’Association française du gaz :

Du fait que nous sommes la moins polluante, parce que, non seulement, on émet deux fois moins de CO2  dans la génération électrique que le charbon, et 30% de moins que le pétrole ou les produits pétroliers.

Laurent Vivier, directeur gaz de Total :

Donc il faut du gaz, il faut plus de gaz. Et puis après, il y a une sorte de sobriété, une efficacité énergétique pour consommer moins d'énergie. Mais on voit assez rapidement que et le gaz et les énergies renouvelables participent  des efforts qu'il faut faire pour remplir les objectifs.