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Château de Versailles et efficacité énergétique : c'est possible ?

Le 31 Mai 2017 à 17h54

Mais c'est Versailles ici ! Oui, le nombre de lumières au château est impressionnant et donne toute sa justification à cette expression. Comment l'énergie est-elle gérée au château de Versailles, depuis le XVIIe siècle, entre les lumières, le chauffage et l'eau ? Et si le château était aussi symbole d'innovation et de technologie ?

Catherine Pégard, Présidente du château de Versailles :

Louis XIV faisait venir les artistes du monde entier. Mais ce n'était pas seulement les artistes, c'était aussi des artisans bien sûr, c'était aussi tous les savants.

Quand le Tsar Pierre le Grand vient à Versailles en 1717, il vient piquer nos idées si j'ose dire, il vient voir ce qu'on fait et il va aller emporter ces idées, ces innovations, en Russie.

Versailles, automatiquement, est une référence pour tous les domaines. Et ça je trouve que c'est très important aujourd'hui de montrer que ce n'est pas seulement dans le domaine artistique où on attend toujours Versailles, mais aussi dans le domaine scientifique et dans le domaine technologique.

Mathieu da Vinha, directeur scientifique du Centre de recherche du château de Versailles :

Alors, nous sommes ici dans la chambre du roi, la chambre de parade donc on voit cette ampleur puisqu'on a près de 12 mètres sous plafond et c'est une pièce qui fait 92m², exposée plein Est, donc ce qui suppose des grandes difficultés de chauffage.

Et on voit, de part et d'autre, deux cheminées pour essayer de chauffer cet espace. Et on comprend en fait l'importance de toutes ces tentures sur les lits, qui étaient fermées pour que les souverains aient moins froid dans ces pièces.

À Versailles, tout a été intégré dès le départ pour avoir un confort moderne. Donc on a cette idée du problème de l'eau, la problématique de l'éclairage, la problématique du chauffage, qui sont pris en compte avec tout un service dédié.

Gestion de l'eau

On voit ici une salle de bain qui avait été faite spécialement pour Louis XV et XVI. Et on aperçoit ces fameuses arrivées d'eaux avec eau chaude, eau froide, et avec le système d'évacuation des eaux usées puisqu'à Versailles, on pouvait évacuer les eaux comme un système de tout à l'égout avec des aqueducs souterrains qui évacuaient les eaux usées à l'extérieur du château.

Alors, nous nous trouvons ici dans une pièce des cuves à Versailles donc c'est assez rare d'en avoir encore aujourd'hui. Et on peut mieux comprendre le système des salles de bain au 18e siècle puisqu'on a par système de gravitation des cuves d'eau froide ici, et ici un endroit pour chauffer l'eau, puisqu'on avait un foyer en dessous. Et donc par un système de gravitation assez basique et des robinets on avait l'eau froide et l'eau chaude qui arrivaient à Versailles.

Gestion de la lumière

Versailles ne se souciait pas forcément de la problématique énergétique. Ils se souciaient plutôt de commodités et d'économies, ce qui n'était non pas de l'économie de l'énergie durable, mais de l'économie financière, puisque le but était, qu'on soit le mieux chauffé, le mieux éclairé, le mieux alimenté en eau, pour le moins cher possible. Donc il y a un véritable souci technique et technologique, que ce soit pour les fontaines à l'extérieur, pour l'éclairage, puisque Louis XIV avait volonté que tout le château soit éclairé.

Dans les appartements du roi évidemment de la cire blanche, qui est la plus chère, la plus belle, celle qui fait le moins de fumée possible, ensuite dans les couloirs comme ici où on se trouve, c'était plutôt de la cire jaune et à l'extérieur c'était plutôt des lampes à huile pour éclairer les abords du château.

Vitres et fenêtres

Les vitres pouvaient être changées l'hiver en tout cas les châssis de fenêtres, on le sait et on le voit dans les combles du bâtiment du roi où on changeait les châssis et on mettait des châssis d'hiver. Peut-être que c'était des doubles fenêtres, des doubles vitrages, ce qui suppose une meilleure isolation, vraisemblablement, à ce moment-là.

C'est la naissance de Saint-Gobain, à ce moment-là, il ne s'appelle pas encore Saint-Gobain, cette manufacture, mais qui prendra rapidement le nom de Saint-Gobain.

Catherine Pégard :

Quand on a vu arriver ici les gens de la Silicon Valley, pour parler de la French Tech, ils en sont repartis, les yeux pleins de lumières, des lumières de Versailles, des lumières de ce qu'ils avaient vu de notre histoire. On reconnait que le 18e siècle à Versailles était celui de l'innovation. Au fond, on ne pense jamais, dans le temps ou dans l'histoire, aux économies d'énergies. C'est ce qu'on fait toujours à Versailles, quel que soit le domaine qui est en cause, c'est parler du patrimoine et essayer de le faire vivre dans notre temps.