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Arctique : une zone de ressources naturelles complexe

Le 30 Aoû 2017 à 12h26

Sous la glace en Arctique, se cacherait un quart des réserves énergétiques restant à découvrir dans le monde... Une richesse en ressources naturelles regardée avec convoitise par les pays avoisinants, mais également très lointains !

L’Arctique… royaume de l’ours polaire.

Fonte des glaces en Arctique 

Sanctuaire de glace où les jours ne finissent pas.

Sanctuaire, vous dites ?

Pas si sûr. Car ici, tout est plus fragile. Et tout change vite. Très vite même !

Quand on annonce une élévation de 2°C sur la planète à l’horizon 2050… au pôle, la température grimpe de 5°C.

Et les changements se font déjà sentir. La banquise ne cesse de reculer depuis 20 ans, ouvrant chaque été de nouveaux passages à travers l’océan Arctique.

Bientôt, de grandes routes commerciales verront le jour, raccourcissant de 7 000 km le trajet entre Atlantique et Pacifique.

Mais le dégel ne se contente pas d’ouvrir les routes : il révèle aussi des ressources nouvelles.

Sous la glace se cacherait en effet un quart des réserves énergétiques restant à découvrir dans le monde, avec un peu plus de 10 % des ressources pour le pétrole, et 30 % pour le gaz naturel.

Mais alors, à qui appartient ce nouvel eldorado en plein désert blanc ?

Conquête de territoire

L’Arctique n’est pas un continent : c’est un océan glacé, qui baigne les côtes de cinq pays riverains. Les Etats-Unis, la Canada, le Danemark - à travers le Groenland, la Norvège et la Russie.

En vertu du droit de la mer - qui étend la souveraineté économique des pays bien au-delà de leurs côtes, chacun d’eux est donc en droit d’y affirmer ses privilèges.

Et la plupart en profite déjà : Prudhoe Bay en Alaska, Goliath et Snohvit en Norvège, Prirazlamnoye et Yamal au nord de la Russie... plusieurs grands gisements y sont désormais exploités.

Mais la découverte de ces ressources attise les convoitises.

Elle suscite des tensions régulières entre riverains, chacun tentant de s’octroyer une zone d’influence la plus large possible.

Elle attire également des puissances éloignées comme la Chine et le Japon qui multiplient là les campagnes scientifiques et tissent des liens avec certains pays de l’Arctique.

Danger pour l’environnement

Surtout, elles provoquent la colère des défenseurs de la planète, qui pointent les menaces qui pèsent sur cet écosystème unique et fragile et dénoncent les risques de marée noire dans ces régions particulièrement difficiles d’accès.

Certains pays riverains n’y prêtent guère attention... à l’image de la Norvège qui a accepté en 2015 la prospection de dizaines de zones en mer de Barents et de la Russie qui a tout récemment découvert un gigantesque gisement à l’est de la Sibérie.

D’autres - comme les Etats-Unis et le Canada - se sont rangés aux côtés des écologistes, interdisant en 2016 tout nouveau forage au large de leurs côtes.

Mais les Etats-Unis de Barak Obama n’étant décidément pas les Etats-Unis de Donald Trump... la situation peut encore changer vite. Très vite même. Et l’avenir de cette partie de la planète reste encore bien incertain.

Tout comme celui de l’ours sur son morceau de banquise !