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Laboratoire de l'Andra : stocker les déchets radioactifs à 500 mètres de profondeur

Le 05 Juil 2017 à 11h52

"Notre génération hérite d'un problème, celui des déchets radioactifs", affirme Guillaume Cochard, porte-parole de l'Andra (l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). La solution proposée par l'Andra est celle du stockage souterrain de ces déchets, au moyen de différents types de galeries. Le point sur cette technologie.

Que faire des déchets radioactifs ?

Guillaume Cochard, porte-parole de l’ANDRA

Notre génération hérite d'un problème, qui est les déchets radioactifs.

Nous l'ANDRA, on est là pour traiter ce passif, épurer ce passif en quelque sorte. On est là pour gérer les déchets.

Quand bien même on arrêterait de travailler avec le nucléaire. On aurait quand même ces déchets à gérer.

Et face à cette donnée, nous, les ingénieurs et chercheurs de l'ANDRA, avons mis au point une solution pour gérer ce problème.

 

Stockage souterrain

Eric Sutre, géologue, porte-parole de l’ANDRA

On veut faire un stockage souterrain de déchets radioactifs pour confiner les déchets dans un endroit et qu'ils n'aillent pas se répandre dans la biosphère, à la surface de la Terre.

On s'imagine qu'il vaut mieux les mettre en sous-sol, à 500 mètres de profondeur, plutôt que de compter sur l'homme, en surface, où les capacités financières peuvent venir à manquer ou il peut y avoir des guerres, etc.

 

Guillaume Cochard, porte-parole de l’ANDRA

Donc il y a plusieurs centaines de scientifiques qui pendant 15 ans ont travaillé sur la géologie, le climat, et tout un tas de disciplines, pour arriver à la conclusion que le stockage géologique fonctionnait.

 

Eric Sutre, géologue, porte-parole de l’ANDRA

Voilà le plan du laboratoire souterrain, avec ses deux puits, son réseau de galeries, environ 1,6 km, et tous les traits de couleur que vous voyez, ce sont des forages dans lesquels on a des expérimentations pour caractériser la roche, son comportement, etc. C'est un laboratoire.

 

Deux types de galeries de stockage

Guillaume Cochard, porte-parole de l’ANDRA

Vous avez deux types de galeries, des zones pour les déchets de moyenne activité à vie longue. Ce sont des galeries qui font plusieurs centaines de mètres de long, et une dizaine de mètres de diamètre.

Vous avez aussi des alvéoles de stockage de déchets de haute activité. Là, les alvéoles sont un peu différentes, elles font 70 centimètres de diamètre, et une centaine de mètres de long, et des robots sont enfilés dans ces alvéoles.

Les déchets arrivent dans des cylindres en inox. Vous avez des galettes compactées qui ont été fabriquées à l'usine Areva La Hague, de déchets de moyenne activité à vie longue. Ces déchets, c'est la partie métallique qui entoure le combustible des réacteurs nucléaires. Donc les galettes sont compactées, mises dans un cylindre en inox et dans des surconteneurs en béton. Et les fûts sont transportés et sont remis dans les alvéoles de stockage.

 

Eric Sutre, géologue, porte-parole de l’ANDRA

On a choisi une roche imperméable, dans laquelle, certes, il y a de l'eau, mais dans laquelle cette eau se meut si lentement, que si toutefois des déchets radioactifs passaient en solution dans cette eau, ils s'éloigneraient très peu du stockage. Pour donner un ordre de grandeur, la vitesse de circulation de l'eau, dans cette roche, elle est de l'ordre de la dizaine de mètres par million d'année.

 

Guillaume Cochard, porte-parole de l’ANDRA

On est à 500 mètres de profondeur, les pressions sont très importantes, et comme on a intégré la possibilité de récupérer les déchets, il faut que les galeries tiennent un certain temps. Donc on a des installations qui sont faites pour durer plus d'un siècle. Une fois ce délai passé et les galeries refermées, à ce moment-là, la roche pourra se refermer sur les colis de déchets