picto-economies-couleur Économies

L'empire ExxonMobil à la tête de la diplomatie américaine ?

Le 05 Jan 2017 à 11h12

Néophyte en politique, c’est Rex Tillerson, 64 ans, le patron du géant pétrolier ExxonMobil, qui devrait prendre la tête de la diplomatie des USA. Tillerson, qui y a effectué toute sa carrière, a maintes fois fait le tour du monde pour sa compagnie. Son métier l’a familiarisé avec les dirigeants de nombreux pays, comme l’Arabie Saoudite et la Russie. Mais que représente vraiment l’ExxonMobil Corporation ?

La Standard Oil de John D. Rockefeller 

Esso, Mobil… qui ne connaît pas ces deux enseignes ? Célèbres sur toute la planète au même titre que Coca Cola et leur benjamine Apple, ces deux marques (avec Exxon aux Etats-Unis) sont les porte-drapeaux du fleuron mondial de l’énergie et de la pétrochimie, la ExxonMobil Corporation.

Aujourd’hui première puissance privée de l’univers pétrolier, ExxonMobil, dont le siège est basé à Irving (banlieue de la très symbolique et texane Dallas), est l’héritière de la fameuse Standard Oil créée en 1870 par John Davison Rockefeller, laquelle sera dissoute en 1911 par les lois fédérales antitrust.

De la Standard Oil et de ses initiales (SO) naitront les marques Esso et Exxon, figures de proue d’un véritable empire industriel dont la vocation a toujours été la recherche et l’extraction d’hydrocarbures, leur raffinage et leur distribution (pour plus de 80 % de son chiffres d’affaires aujourd’hui), mais aussi le développement de la pétrochimie.

 

ExxonMobil ou la première compagnie pétrolière au monde

Jusque dans les années 60, la compagnie issue de l’entreprise Rockefeller figurera dans ce que l’on a surnommé le « cartel des sept sœurs », les sept majors privées du pétrole. Et à ce jour, l’entreprise que laissera Rex Tillerson, si le Sénat des Etats-Unis l’autorise à diriger la diplomatie américaine, demeure la plus importante compagnie pétrolière privée au monde.

Même si ses réserves prouvées (un peu plus de 22 milliards de barils possédés en propre) sont évidemment moins importantes que celles des grandes compagnies étatiques comme la saoudienne Aramco, l’iranienne NIOC ou la vénézuélienne PDVSA, les volumes qu’abritent ses champs pétroliers et gaziers dépassent de loin ceux de ses concurrentes, BP, Shell ou Total.

 

En tête des capitalisations boursières mondiales

En matière de raffinage, ExxonMobil c’est par ailleurs 45 raffineries réparties dans 25 pays, pour une capacité de production de plus de 6 millions de barils par jour. Plus en aval encore, la compagnie américaine vend ses produits, sous ses trois marques, dans plus de 42 000 stations-service qu’on retrouve dans une centaine de pays.

Tout cela fait d’elle une des multinationales les plus riches de la planète, figurant au 7ème rang. La deuxième capitalisation boursière mondiale, au printemps 2014, derrière Apple. La JPMorgan Chase, la Bank of America, la Bank of NY, mais aussi le britannique Barclays et le français AXA, comptent parmi ses principaux actionnaires.

ExxonMobil, qui a d’ailleurs toujours figuré parmi les premières valorisations boursières au monde, ne devrait pas reculer de sitôt dans ce palmarès. Lorsque la compagnie de high-tech à la petite pomme créée par Steve Job lui a ravi la plus haute marche du podium, certains y ont vu le symbole du déclin des vieilles industries traditionnelles, celles du fossile et du XIXème siècle.

Certes, le numérique et la transition énergétique préfigurent sans doute notre avenir, mais dans les années 70, déjà, au moment même du premier choc pétrolier, ExxonMobil figurait à la deuxième place, tout juste derrière… IBM, la puissance informatique de l’époque !